Foucault News

News and resources on French thinker Michel Foucault (1926-1984)

Didier Fassin, Foucault retrouvé, 16 leçons de philosophie. Podcasts France Culture, 16 épisodes, 15 juin 2026.

À propos de la série
Par Didier Fassin. Michel Foucault est l’auteur de sciences humaines le plus cité au monde. Pour le centenaire de sa naissance en 2026, des extraits de ses cours au Collège de France permettent de s’immerger dans une pensée novatrice et transgressive, en résonance avec les questions du monde contemporain.

Élu sur la chaire “Histoire des systèmes de pensée” au Collège de France, Michel Foucault y donne chaque année un cours à partir de 1970. À cette époque, il est déjà un intellectuel auréolé de succès, grâce notamment à deux de ses livres : Histoire de la folie à l’âge classique et Les mots et les choses. Jusqu’à sa mort prématurée en 1984, à l’âge de 57 ans, le philosophe partage ses réflexions dans le cadre d’un enseignement au Collège de France suivi par un public international nombreux et passionné. Il y traite de sujets divers, de la société punitive au pouvoir psychiatrique, des pratiques de gouvernement à la guerre des races, des questions de sexualité au courage de la vérité. Comparant son cours à une performance, il dialogue volontiers avec son auditoire et fait souvent preuve d’humour.

Sa manière de faire de la philosophie séduit. Il questionne les évidences, renouvelle les concepts, interroge le pouvoir, la vérité, la folie, la prison, la religion, le rapport à soi et aux autres. Bien qu’il appartienne à la génération de ce qu’on a appelé, outre Atlantique, la French Theory, avec entre autres Jacques Derrida, Roland Barthes, Jacques Lacan et Gilles Deleuze, dont il a été très proche, il demeure inclassable, ne serait-ce que parce que ses idées n’ont cessé de se déplacer. Plus de quatre décennies après sa mort, son influence internationale ne se dément pas.

Les cours de Michel Foucault au Collège de France ont été enregistrés par ses auditrices et ses auditeurs à une époque où les cassettes audio se multiplient et se transmettent. La plupart de ces enregistrements sont aujourd’hui disponibles dans leur version originale sur le site du Collège de France. Ils représentent plus de cent heures de cours.

Ce podcast en 16 épisodes est présenté par Didier Fassin, anthropologue et sociologue, professeur du Collège de France, où, en 2026, il propose un cours sur l’œuvre de Michel Foucault, une exposition sur l’aventure intellectuelle du philosophe et un ouvrage sur l’actualité de sa pensée aux éditions La Découverte, en collaboration avec la Bibliothèque nationale. Il a bénéficié pour le podcast du concours d’Aurèle Méthivier.

Plusieurs extraits de cours de Michel Foucault au Collège de France ont été restaurés par France Culture pour cette série de podcasts.

Ils permettent de faire redécouvrir les idées essentielles de Michel Foucault, de se plonger dans sa pensée en mouvement et d’en comprendre l’évolution, entre hésitations, contradictions, ruptures radicales parfois.

Un podcast en partenariat avec le Collège de France et les éditions du Seuil. Sortie prévue le 16 juin 2026.

Production : Didier Fassin, professeur du Collège de France, auteur du cours Présences de Foucault. Avec la collaboration d’Aurèle Méthivier, assistant de recherche au Collège de France et commissaire de l’exposition Foucault au Collège de France.
Une collection proposée par Camille Renard
Réalisation : Françoise Le Floch
Chargée de programme : Élodie Piel

Foucault. Une aventure intellectuelle au Collège de France. Exposition, performance théâtrale et cycle de conférences

L’exposition « Foucault. Une aventure intellectuelle au Collège de France » explore le parcours de Michel Foucault dans l’institution où il enseigna de 1970 à 1984. À l’occasion du centenaire de sa naissance, des manuscrits inédits, archives et témoignages audio et vidéo esquissent le mouvement d’une pensée toujours profondément actuelle.

Exposition organisée par le Collège de France en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France.

Informations pratiques
L’exposition est gratuite et ouverte au public du 30 septembre 2026 au 15 janvier 2027, du lundi au vendredi (fermée les week-ends et jours fériés), de 9 heures à 18 heures. Elle a lieu sur le site Marcelin-Berthelot du Collège de France, 11, place Marcelin-Berthelot, Paris Ve.

Ouverture exceptionnelle le samedi 19 et le dimanche 20 septembre 2026 pour les Journées européennes du patrimoine.

Présentation
L’exposition « Foucault. Une aventure intellectuelle au Collège de France » explore le parcours de Michel Foucault dans l’institution où il enseigna de 1970 à 1984. À l’occasion du centenaire de sa naissance, des manuscrits inédits, archives et témoignages audio et vidéo esquissent le mouvement d’une pensée toujours profondément actuelle.

Le 12 avril 1970, le philosophe Michel Foucault (1926-1984), auteur célébré autant que critiqué d’Histoire de la folie à l’âge classique et des Mots et les Choses, est élu au Collège de France sur la chaire Histoire des systèmes de pensée. Cette élection n’a rien de naturel pour un chercheur qui a d’abord enseigné la psychologie mais refuse les allégeances disciplinaires, et dont le parcours est déjà jalonné d’éclats et d’engagements politiques forts. Elle inaugure une aventure intellectuelle de près de quatorze ans dont les résonances s’entendent encore aujourd’hui, comme en témoigne la fécondité des concepts de « gouvernementalité », de « biopolitique », de « pouvoir pastoral » ou de « régime de vérité ».

Ces cours au Collège de France sont bien plus qu’une ébauche de l’œuvre écrite. Ils lui permettent d’explorer de nouveaux champs et de tester de nouvelles hypothèses. Leur rayonnement débute très tôt par un succès public et la libre circulation d’enregistrements et de dactylographies. Il dépasse vite les frontières de l’Hexagone, grâce à la présence d’un auditoire international et aux nombreux séjours du philosophe à l’étranger, notamment aux États-Unis, au Brésil et au Japon. La publication posthume des cours, puis leurs traductions à travers le monde, en font une œuvre à part entière, aussi lue et citée que les livres parus de son vivant. Elles assurent ainsi à sa pensée une deuxième vie inattendue, tant elles renouvellent la perception des enjeux de sa pensée et éclairent sa méthode.

La centaine de pièces exposées – manuscrits inédits, objets personnels, archives audio et vidéo – retrace une trajectoire internationale fulgurante trop tôt interrompue, laissant une production scientifique considérable. L’exposition permet notamment d’éclairer la cohérence et l’endurance d’une pensée en permanente évolution qui refusait les assignations. Elle restitue cette aventure dans un réseau d’amitiés et de pairs au sein du Collège de France, mais aussi de stratégies et de combats hors-les-murs qui rappellent que le savoir est également affaire de pouvoir.

Grand événement. Cycle de conférences: Michel Foucault au Collège de France

du Mardi 22 septembre au Mardi 15 décembre 2026

Cycle de conférences autour de l’exposition « Foucault. Une aventure intellectuelle au Collège de France ».

Du 30 septembre 2026 au 15 janvier 2027, l’exposition du Collège de France, en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, « Foucault. Une aventure intellectuelle au Collège de France » invite à traverser le passage de Michel Foucault au sein d’une institution qu’il a profondément marquée.

Le cycle de conférences organisé par Aurèle Méthivier (Collège de France) en collaboration avec Philippe Chevallier (Bibliothèque nationale de France) se propose de prolonger cette découverte en faisant intervenir à la fois des témoins de l’époque, qui ont travaillé au côté de Michel Foucault, et des spécialistes de son œuvre et de la vie intellectuelle des années 1970-1980.

Programme
Élire Foucault au Collège de France : enjeux scientifiques et politiques
Orazio Irrera & Céline Surprenant

Foucault et la vie du Collège : dialogue avec les pairs, création de chaires
Aurèle Méthivier & Sandra Boehringer

Foucault enseignant : cohérence d’une trajectoire et place dans l’œuvre
Philippe Sabot & Elisabetta Basso

Travailler avec Foucault : les séminaires du Collège
Pasquale Pasquino & Carolina Verlengia

Histoire et postérité d’une leçon : « Qu’est-ce que les Lumières ? »
Antoine Lilti

Séminaire: Penser avec Foucault. Collège de France (2026)

du Mardi 5 mai au Mardi 2 juin 2026.
Voir aussi Michel Foucault au Collège de France

Présentation
À l’occasion du centenaire de la naissance de Michel Foucault, il s’agit de s’interroger sur les multiples formes de sa présence aussi bien dans le champ intellectuel, où il est l’auteur moderne le plus cité au monde, que dans l’espace social, puisqu’il a été pour beaucoup d’acteurs une source d’inspiration. Ni exégèse de l’œuvre, ni hagiographie de l’homme, le cours est une invitation à explorer, au-delà des concepts novateurs qu’il a proposés, une manière de penser, de questionner les évidences et d’opérer des déplacements qui a imprimé une trace profonde dans les sciences humaines et sociales. Il s’attache aux empreintes laissées par ses travaux sur plusieurs continents, les débats et critiques ainsi que les appropriations et détournements auxquels ils ont donné lieu, en dialogue parfois avec des recherches personnelles. Le séminaire et le colloque prolongeront et enrichiront cette réflexion.

Programme
Répression et pouvoir. Le tournant de la sexualité
Frédéric Gros

Histoire des prisons. Le moment GIP en héritage
Philippe Artières

Attachés sur le dos d’un tigre. Michel Foucault et la vérité
Judith Revel

Une politique sans horizon est-elle possible ?
Mathieu Potte-Bonneville

Savoirs et pouvoirs dans les expériences démocratiques
José Luis Moreno Pestaña

Didier Fassin, Ainsi pensait Michel Foucault. Enquête sur une philosophie pour notre temps, La Découverte, 2026 (Parution : 03/09/2026)

Après Leçons de ténèbres, le nouveau cours de Didier Fassin au Collège de France.

À l’occasion du centenaire de la naissance de Michel Foucault, cet ouvrage analyse l’empreinte laissée par son œuvre, dans le champ intellectuel comme dans l’espace social. Didier Fassin en retrace les lignes de force, en les replaçant dans leur contexte d’émergence et dans leurs usages actuels.

Didier Fassin est anthropologue et médecin, professeur au Collège de France sur la chaire Questions morales et enjeux politiques dans les sociétés contemporaines et à l’Institute for Advanced Study de Princeton. Il est l’auteur de vingt-cinq livres traduits en douze langues, dont Une étrange défaite. Sur le consentement à la destruction de Gaza (La Découverte, 2024), et a dirigé une trentaine d’ouvrages collectifs, dont La société qui vient (Seuil, 2022).

With thanks to Progressive Geographies for this news

Stuart Elden and Marcelo Hoffman, Foucault’s Visit to McGill University and his meetings with Quebec separatists, Verso blog, 2 July 2026

Michel Foucault gave some lectures on Friedrich Nietzsche at McGill University in April 1971. This was his first visit to Canada.
[…]

Foucault arrived in Montreal only months after the October Crisis of 1970. The crisis was triggered by the separate kidnappings of the British Trade Commissioner James Cross and the Deputy Premier of Québec Pierre Laporte by cells of the Front de libération du Québec (FLQ) in early October. The FLQ sought to use the kidnappings as leverage to force the federal government to meet various demands, including the release of imprisoned FLQ members.
[…]

It is therefore perhaps unsurprising that he had an interesting political experience in Québec. Foucault may well have detected powerful resonances between the climate of political repression in Canada and the contemporary situation in France. Only months before the October Crisis in Canada, the French state proscribed a Maoist organization, the Gauche prolétarienne (Proletarian Left), with which Foucault had close connections, especially through Daniel Defert, who discusses this in his Une vie politique (Part I, Ch. 3).

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Brendon Murphy & Benedict Sheehy (2026). Chapter 7: Language games and corporate psychopaths. In Research Handbook on Corporate Psychopaths,
pp. 102–117 . Cheltenham, UK: Edward Elgar Publishing.

https://doi.org/10.4337/9781035326525.00013

Abstract
This chapter explores psychopathic discourse in political and managerial communication, focusing on how language is used to manipulate, distract, and assert control through framing, labelling, and undermining veracity. It examines the strategic deployment of rhetorical tactics that promote egocentrism, create division, and disregard truth, especially in environments amplified by social media. The concept of “bullshit”, as distinguished from lies and obscurity, is central to this analysis—highlighting how performative and vague language can erode trust and distort reality. “Buzzword bingo”, a satirical game targeting managerial jargon, serves as an entry point into this discussion, revealing how repetitive, empty phrases signal a broader discursive pathology. Such tactics not only threaten democratic processes by distorting public discourse but also undermine organisational effectiveness by masking critical information and reducing employee confidence. The chapter concludes with insights from Foucauldian discourse analysis and explores how identifying and resisting such manipulative language can restore clarity and accountability.

Changyuan Chen, The figures of the cogito: Foucault, Derrida and the possibility of transcendental phenomenology. The Southern Journal of Philosophy, First published: 05 June 2026
https://doi.org/10.1111/sjp.70049

Abstract
This article examines the early Foucault as a reader of Husserl, a frequently overlooked dimension of his thought that nonetheless paved the way for the Foucault we recognize today. Drawing on his recently published manuscripts on phenomenology, it reconstructs the distinctive interpretation of phenomenology that the young Foucault was developing. Influenced by Heidegger and Fink, he sought to understand the transcendental cogito along a non-Cartesian path, thereby opening up phenomenology to ontological possibilities. Viewed through a Hegelian lens, he refused to confine phenomenology to mere descriptive analysis; instead, by tracing the interplay between the transcendental and the historical, he articulated a speculative orientation that characterized phenomenology as a “rationalism of being”. The article concludes by revisiting the cogito debate between Derrida and Foucault, revealing an unexpected proximity between the two philosophers.

Rachael S. Burke, Chrissie Keepa, Silence in the Shadows: Reflections on Student Participation in Research on Te Reo Māori and Te Tiriti Commitments in Aotearoa New Zealand, Kōtuitui New Zealand Journal of Social Sciences Online, 2026, 21, e70033.
https://doi.org/10.1002/kot2.70033

Abstract
This article offers a critical and reflexive analysis of a research process conducted at a tertiary institute in Aotearoa New Zealand, with a particular focus on how participation and non-participation shape understandings of teaching, learning, and te reo Māori development in initial teacher education. Drawing on data generated through the original study, the article re-examines the research process itself as a site of inquiry. Undertaken by staff at Toi Ohomai Institute of Technology, the original research sought to interrogate the pedagogical strategies used to support student learning of te reo Māori and their preparedness to uphold Te Tiriti o Waitangi and to question whose knowledges and voices are legitimised in classroom spaces. However, an unexpected pattern of participation, where 83% of students did not respond, became a central analytical focus for this article. Rather than treating this as a methodological failure, the article interprets non-participation as a meaningful outcome that reflects the complex interplay of institutional, cultural, and relational dynamics. Drawing on Foucault’s theory of power and knowledge, this reflection looks at how power operates as a network of relations shaping what is heard, who speaks, and what is silenced. The research process became a site of critical inquiry, prompting teaching staff to reconsider assumptions about language, identity, and student engagement while also highlighting the conditions under which student voice is enabled or constrained. This article contributes to ongoing conversations about decolonising tertiary education, highlighting the ethical and pedagogical importance of attending to silence, power, and participation in both teaching and research practices.